
29/02/2008
Ferme les yeux laisse le sol fondre et s’engloutir.
AFFAISSER.
Le carnet contient toutes ces flaques d’alcools, de soleils et d’explosions.
Beatles dans les enceintes.
Quand j’approche ma tête pour boire une gorgée de café j’ai l’impression qu’il veut m’aspirer comme moi j’ai pu le faire, je serai dans le liquide et je me laisserai fondre.
Je me laisse fondre.
Tout est noir-liquide il y a des parois en porcelaine blanche et la surface est lisse. Il n’y a pas une seule vague, un seul remous. C’est l’éternité dans la tasse et je flotte les yeux au ciel qui n’est que le plafond sale du café. Je suis dans l’infini sans sourire sans respirer peut-être sans mal sans sensations si attendez… Je ressens bien l’abandon de soi, le tout dans le Tout, le corps mélangé à l’esprit. Et je fonds comme un sucre et mes particules restantes se déposent dans le fond c’est doux si doux cette perte. Elle dure un million d’années au moins et il n’y a rien d’autre qui vient m’aspirer. Je m’altère par nécessité physique.
Dans le noir-liquide, ou sur le banc au café.

20/02/2008
La marche nocturne.

11/02/2008
Réminiscence blanche.


05/02/2008
Choeurs écoeurants.

Voilà la Chorale. Ils viennent jusqu’à la porte me chanter leurs Cantiques lassants et lascifs quand je cherche juste à capter la beauté de l’Instant, l’étrangeté du Mouvement.
Leurs vocalises m’écoeurent, leurs notes sont celles des églises, des échos lugubres des grands bâtiments mais moi, j’ai besoin de bruits, de voix, d’éclats de verres de rires j’ai besoin d’accordéons et de marées, de troquets et de fumées.
Alors nous autres décidons d’hurler plus fort que ces soldats, que ce Chœur qui vomit ces paroles sans alcools et nous gueulons des choses comme
Vive l’Ivresse Vive la Volupté à bas leurs messes à bas la banalité ! Izlo est le plus déterminé et le soleil chauffe à blanc nos rêves, nous nous endormons et murmurons encore, vive le Hasard vive la Poésie.
01/02/2008
Heroin (Velvet Underground)

Surprise. Au milieu de chansons plus ou moins connues mais néammoins superbes du Velvet je tombe sur celle-là. Heroin. D'abord les paroles d'une fausse douceur m'interpellent. Je stoppe ma lecture. J'écoute et je fais la corde au noeud coulant, je charge le revolver : je me laisse hâpper par la musique. Et il n'est plus possible d'échapper à la cage que forme mon corps. Le morceau en est le cadenas. Et la batterie rythme mon coeur et tout monte, tout explose, tout ralentit, tout recommence, c'est délicieux cette musique du diable, ces crissements à la fin du morceau, cette voix qui domine l'ensemble puis se brise après avoir franchi ses limites et cette transe oh "I guess I just don't know". Je frissonne réellement et comme jamais.
Le corps est tendu, les mains sont rouges, l'esprit est en chute libre. Et quand j'entends "to my vein" je souris et mon bras me tire, et je sais que ma figure doit à ce moment précis prendre le rictus horrible de la folie ; revoilà l'accélération et j'ai beau prier pour que tout stoppe, dès que le morceau est fini je le remets au début. Je suis accro. Je tremble de bonheur.
Ne croyez pas que j'exagère.
J'aime cette magie; peut être qu'à un autre moment cette chanson ne m'aurait pas marqué. Mais maintenant c'est fait, ce petit miracle dans ma chambre et je sais que je pourrai toujours venir me frotter à cet exquis effroi. J'ai eu l'injection fatale et j'ai les larmes aux yeux; que la Musique est belle, qu'elle m'est indispensable, cette putain, cette bourgeoise, ce masque chéri. Ces notes qui s'emballent, ces minutes qui passent et trouent mon coeur en milliers de cratères.
Appuyer sur le bouton "Repeat" est nécessaire à la survie.
.
I wish that I was born a thousand years ago
I wish that I'd sail the darkened seas
On a big great clipper ship
Going from this land here to that
In a sailor's suit and cap
Away from the big city
Where a man can not be free
Of all this evils of this town
And of himself and those around
Inscription à :
Articles (Atom)