12/04/2008

Nocturne

Prends ma langue comme une hostie acide Fait la fondre contre ton palais C’est mon offrande christique ici, Juste pour la nuit et pour toi Partagez alors tous les deux Toi la Noire pénombre Toi le Rouge Prends la comme une hostie-pastille

30/03/2008

Blanc de bleu.

Le plafond blanc de la chambre bleue joue des valses d'ombres avec le soleil, tout un orchestre de lumières tamisées par les rideaux cramés, tout un bal diurne fatigué par les ivresses nocturnes. Les lourds meubles en bois se reposent, on entendrait presque leurs longues plaintes craquantes résonner. Et le lit est grand, grand comme un navire, il m'est souvent arrivé de m'y perdre, et de voyager dedans pendant quelques centaines d'années. Périples d'Ulysse. Ce plafond là c'est certain a un pouvoir magique il m'écrase comme il m'élève, son blanc m'attire toujours et puis je le trouve si traître après l'avoir contemplé ce plafond est comme toi ; il est un ciel et un mur en même temps. Ses craquelures sont tes veines gonflées je me perds dans sa pureté, puis je m'égare dans ton vice, délice-délice. Ce matin, lassée, je me demandais si tu avais vraiment le courage de faire exploser ce dernier mur du haut, on sauterait sur le grand vieux lit de plus en plus haut, jusqu'à s'envoler et se fixer au ciel, un nuage au hasard, et glisser à l'infini et en transversale, sur le navire céleste, par les Cosmos et mieux encore.

19/03/2008

Ciel catégorique

le ciel à l'envers vomit ses oiseaux de malheur
qui sont toujours de grands corbeaux noirs ou d'absurdes mouettes maladroites
et ce flot d'ailes et de plumes qui tournoient
c'est un peu la matière de ma folie
l'évanescence violente de ma raison
je ne connais pas la fonction de tout
ce désordre
mais il m'est cher
c'est le seul endroit où je viens me recueillir
sans que personne
n'en trouve l'issue
c'est un cimetière peut-être
d'artistes
buvant
et je leur propose de
réaliser
leurs souhaits
de fous tant qu"ils sont encore
morts
alors les vieilles photos brunissent
au soleil impitoyable
eh! mon amour
je suis lasse de toi
ah c'est terrible
tout ce qui entre nous est déjà délavé
tout blanc à force de saigner
ah mon amour
il faut que tu comprennes
que j'ai trop fortement attendu
ta chute du ciel, qui
à l'envers encore
faisait chuter des beaux corps comme
le tien
mais tu n'es venu qu'à moitié
tendre amour avorté
si tu avais su
faire de violences sur ma bouche
alors tout aurait été différent
oh oui vraiment différent
mais tu es tellement vague
et époustouflant comme l'embrun d'ailleurs
dans la transversale de ma nuque
tu aurais pu tout mordre
tu n'as rien effleuré
amour-émoussé.
le ciel à l'envers vomit ses oiseaux de malheur
le ciel de travers ravale ton ombre d'ensorceleur